segunda-feira, 24 de novembro de 2014

Marc Uhalde (dir.), Les salariés de l’incertitude

1Cet ouvrage collectif est le dernier qu’aura coordonné Marc Uhlade, décédé en février 2014. Il y traite une des questions majeures qui ont marqué sa carrière. Élève et héritier de Renaud Sainsaulieu, défenseur d’une lecture de l’entreprise comme institution, son point de départ est de s’interroger sur le possible maintien de collectifs de travail dans des situations de changement et d’incertitudes gestionnaires : « sur quel substrat de lien social les salariés confrontés à des incertitudes majeures de gestion s’appuient-ils pour ne pas sombrer ? » (p. 2). Quelles nouvelles formes de solidarité et de coopération permettent de tenir, de « résister » individuellement et collectivement, voire de trouver de nouvelles formes de mobilisation et d’action collective ?

2Une des grandes forces de cet ouvrage qui s’appuie sur le travail de neuf chercheurs et treize enquêtes de terrain dans des secteurs, situations et auprès de catégories de salariés extrêmement variées, est de tenir cette problématique de bout en bout et d’offrir une grande cohérence dans le traitement de cette question. Dans la littérature abondante sur les questions de santé au travail, l’ouvrage offre un point de vue résolument constructif si ce n’est optimiste sur les collectifs de travail. Les différentes contributions permettent, en effet, tout en maintenant certaines nuances de propos, de défendre une thèse commune : celle de l’existence de collectifs non institués qui permettent à des micro-régulations d’opérer et aux salariés de l’incertitude de tenir, voire de résister. On notera combien cette thèse trouve un écho fort dans les résultats de l’enquête Conditions de Travail 2013 parus récemment : on y apprend notamment que les indices de soutien et d’entraide augmentent sensiblement par rapport à 2005, alors que, dans le même temps, de plus en plus de salariés indiquent vivre des situations de tension1.
 
3L’ouvrage s’articule en trois chapitres, qui portent chacun sur un « type » d’incertitude considéré comme emblématique. Ces situations sont toutes caractérisées par un dérèglement des cadres institutionnels (brouillage des règles, des collectifs institués) et une érosion des modèles organisationnels, qui génèrent un sentiment d’insécurité chez les salariés. Ici ce ne sont donc pas les conditions d’emploi (précarité, chômage) qui sont sources d’incertitude mais bien le contexte de travail ou l’activité elle-même.

4La première incertitude est liée au changement permanent et à la « haute flexibilité gestionnaire » des organisations. Les contributions mettent en avant l’existence de plusieurs formes de collectifs et de modes d’actions de salariés face aux transformations incessantes des organisations. Il en va ainsi d’un centre d’appel employant des non-voyants, où des solidarités informelles et de l’entraide permettent, dans un contexte de management individualisant, de maintenir la cohérence des activités et l’insertion des non-voyants, même si ces relations sont souvent instrumentales ou utilitaristes, et sans doute peu pérennes. Le deuxième chapitre montre, dans un univers très différent (cadres très qualifiés de l’aéronautique et de la banque) que l’introduction des démarches qualité offre, pour certains cadres, un moyen de recouvrer du sens à travers la construction de nouveaux dispositifs de gestion, même si là encore ces initiatives sont fragiles et éphémères : elles sont vite reprises en main par la direction et, dès lors (re)deviennent contraignantes.

5Le cas des contrôleurs-inspecteurs sanitaires étudiés par François Granier permet de mettre l’accent sur les ressources fortes dont disposent ces acteurs pour surmonter les tensions, les contradictions et la nécessaire interprétation des règles dans leur activité, dans un environnement complexe : leur expertise, leurs connaissances locales et leur « ethos de métier » leur donnent les moyens de reconstruire des normes d’action publique, en contractualisant avec les acteurs socio-économiques et en rédigeant référentiels, guides de bonne pratique, ou « normes douces » locales, conformes à leur conception de l’intérêt général.

6Pour clore cette partie, Marc Uhalde présente le cas de deux organisations où les salariés semblent « satisfaits », malgré un contexte de forte flexibilité et l’omniprésence d’outils de gestion. Ces structures sont caractérisées par des « compromis sociaux », une politique en faveur de l’emploi, le maintien d’une logique « métier », un ancrage local et l’entretien d’une mémoire collective. Ces éléments expliquent qu’en dépit de modes de management contraignants, ces salariés fortement qualifiés expriment leur bien-être dans le travail.

7La deuxième partie, rédigée par Anne-Claude Hinault, Mokhtar Kaddouri et Marc Uhalde, est consacrée aux incertitudes qui portent sur les formes de reconnaissance au travail. Ces chapitres offrent une véritable montée en généralité en faisant la synthèse de plusieurs études de terrain pour identifier cinq contextes de « carences de reconnaissance » : incertitude de mission, d’autonomie, de parcours, d’intégration et de stabilité d’emploi. Les auteurs soulignent dans chacun des cas la capacité d’adaptation des individus et groupes professionnels, et la variété des dynamiques identitaires. Ils proposent alors de distinguer ces dynamiques, dans les deux chapitres suivants, selon qu’elles donnent naissance à des actions d’ordre « critique » ou à des formes plus constructives et positives de mobilisation de la part de salariés concernés. Dans le premier cas, le désaccord se manifeste par des résistances plus ou moins ouvertes ou feutrées, conflictuelles ou passives, qui s’appuient souvent sur des collectifs de pairs. Lorsque l’emploi est menacé, ces dynamiques sont marquées davantage par la rupture, que celle-ci soit forcée (restructuration) ou volontaire (mobilité), et s’appuient alors sur des liens sociaux hors travail. Le second type de dynamiques, intégratives, se fonde sur l’émergence de nouvelles identités, soit de type « fusionnelles » autour d’un métier ou d’une entreprise « communauté », soit plus proche de l’identité que Sainsaulieu qualifiait « de négociation », où les salariés parviennent à retrouver un équilibre en obtenant une promotion, un parcours, ou une « réputation » en échange de leur compétence ou expertise. Les auteurs concluent cette partie en faisant remarquer que le « pouvoir organisationnel » (fondé sur l’expertise et les savoirs) a perdu en importance en faveur des groupes de pairs, ainsi que dans la recherche d’un jugement d’utilité par les bénéficiaires (clients, patients, usagers,…) qui sont de plus en plus sources de reconnaissance pour les salariés.

8La troisième partie de l’ouvrage et la troisième source d’incertitude sont celles de la conciliation vie professionnelle et hors travail. Celle-ci n’est pas nouvelle, mais des formes de régulation semblent émerger et se stabiliser grâce à deux ressources : les collectifs et les politiques de gestion « bienveillantes ». Cécile Gayral et Pascal Thobois comparent l’application de l’ARTT dans le secteur du nucléaire, où des arrangements au sein des collectifs permettent de trouver des équilibres, et chez les médecins libéraux où l’organisation en cabinet ou en maison médicale permet à certains de s’entendre pour aménager des horaires de travail, tout en restant conforme à l’éthique du métier, c’est-à-dire en assurant une disponibilité aux patients à tour de rôle. Le dernier chapitre, de Martine Buffier-Morel, propose une analyse comparée de politiques de gestion autour des temps mises en place dans quatre organisations différentes, et souligne la nécessaire appropriation des règles publiques par chaque organisation et leur régulation par les acteurs locaux.

9La conclusion de l’ouvrage par M. Uhalde revient sur la thèse défendue, à savoir l’existence de formes d’actions collectives informelles et non institués qui, de la négociation à la résistance en passant l’invention de nouvelles règles ou d’outils de gestion, permettent de nuancer le constat d’une perte de collectifs au travail et de l’absence de solidarités. L’auteur insiste sur l’existence « d’indéfectibles solidarités », et les réelles capacités d’action voire d’affirmations politiques qui permettent la (re)construction de sens. Pourtant, celles-ci, reconnaît l’auteur, restent à un niveau infra-institutionnel (même si parfois elles sont préservées par des politiques d’entreprise protectrices) et sont souvent portées par des logiques très utilitaristes, dans des situations caractérisées par leur grande labilité.[...]»

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Quem é que cria mais postos de trabalho? O Bloco de Esquerda ou a Remax?



«Esta pergunta foi feita por Paulo Portas, quando no Parlamento se explicava sobre os vistos gold, política de que é o principal patrocinador.
Esta frase merece ficar na memória destes anos de lixo, juntamente com o “irrevogável” do mesmo autor, e de algumas outras de Passos Coelho sobre os “piegas” versus os empreendedores, ou o “ir para além da troika”, ou a “austeridade criadora”, ou o fabuloso conceito de “justiça geracional”, ou os saltos no palco do “jovem” comissário do Impulso Jovem que nunca deve ter percebido como é que acabou a sua nobre missão de explicar a inutilidade de saber história ou sequer de estudar. Hoje tudo isto nos parece ridículo e perigoso, uma combinação sinistra,até porque tudo ainda está no activo. Vamos um dia olhar para estas frases, com a distanciação possível da história, e perceber melhor o retrato de um período negro da história portuguesa, em que o país foi estragado por uma mistura de ideias erradas e muita incompetência.
Voltando à frase de Portas, um daqueles soundbites de que os jornalistas muito gostam, e que substituem em Portas um pensamento, uma coerência, uma política e uma ética que não seja a sua vanglória e a sua sobrevivência. Podemos construir várias frases exactamente com o mesmo raciocínio que lhe serve de base.

Quem cria mais postos de trabalho? O CDS ou o BE? O CDS, claro, que está no Governo e participa na distribuição dos boys e girls e com muito afinco. Chama-se a “quota” do CDS. Quem cria mais postos de trabalho? O PSD ou o CDS? Terrível problema para o CDS, que só chega ao poder encostado nos votos do PSD e já fez disso modo de vida. A resposta é: o PSD, claro. Quem cria mais postos de trabalho? O CDS ou a Remax? A Remax claro, uma multinacional cujo nome Portas acabou por misturar nestas justificações, fazendo-lhe publicidade gratuita. Que se saiba, Portas ainda não vende casas na Micronésia, onde a Remax actua. Quem tem uma “marca” de maior prestígio e maior valor de mercado? Portas ou a Remax? A Remax, que ainda não é “irrevogável”.
E a pergunta das mais certas que há: quem destruiu mais postos de trabalho? Portas ou o BE? Portas ou a Remax? Resposta: Portas e o CDS. E Sócrates dirão as vozes? Sim, é verdade, Sócrates, Passos Coelho e Portas estão bem uns para os outros. Repito de novo a pergunta que seria aquela que de imediato lhe faria, se ele a fizesse à minha frente: quem destruiu mais postos de trabalho? Portas ou o BE? Portas ou a Remax?

Aplicada aos vistos gold, a frase de Portas tem um significado unívoco: se dá dinheiro, vale tudo. Todo o resto da argumentação é paisagem – os outros também fazem, o dinheiro entra pela banca em cheque, comprar casas de luxo ajuda à nossa economia, etc., etc. Mas a essência é: se dá dinheiro, pode comprar tudo, mesmo esse intangível valor que é a residência em Portugal e depois a nacionalidade. É este sentido que torna a frase muito simbólica dos nossos dias, em que o “estado de emergência” se faz em primeiro lugar sentir no domínio da ética pública.
Eu não sou daqueles que descobriram as virtudes (e os defeitos) da doutrina social da Igreja com o Papa Francisco. No PSD, se não houvesse uma efectiva traição à sua matriz histórica e ideológica, o contributo da doutrina social da Igreja, exactamente nos aspectos em que ela hoje parece perigosamente esquerdista para os ignorantes, é genético no pensamento de Sá Carneiro. O mesmo podia ser dito do CDS, se o amoralismo oportunista de Portas e dos seus jovens lobos não tivesse já destruído o que sobrava.

Por ironia do destino, no mesmo dia em que Paulo Portas disse a frase da Remax no Parlamento, eu vinha de um debate na Faculdade de Teologia da Universidade Católica sobre a exortação apostólica Evangeili Gaudium, com a vantagem de a ter lido de fresco e não apenas as frases soltas mais bombásticas que dela circulam. O documento papal não se dirige a mim, que sou agnóstico, mas a ele, que se persigna em público. Não sou nem do episcopado, nem do clero, nem das pessoas consagradas, nem fiel leigo, os destinatários da exortação. Mas, quando a Igreja se comporta como uma reserva moral da sociedade, coisa que nem sempre acontece, é civicamente muito importante que seja ouvida. E neste sentido a Igreja “arrasa”, outro verbo de que os jornalistas muito gostam, Paulo Portas.

Não por exercício de interpretação, mas sim em sentido literal. Seria impossível na Igreja franciscana alguém fazer a pergunta que Portas fez no contexto do amoralismo que a domina, porque são para quem faz perguntas daquelas as frases da Evangelii Gaudium:
"Uma das causas desta situação está na relação estabelecida com o dinheiro, porque aceitamos pacificamente o seu domínio sobre nós e sobre as nossas sociedades. A crise financeira que atravessamos faz-nos esquecer que, na sua origem, há uma crise antropológica profunda: a negação da primazia do ser humano. Criámos novos ídolos. A adoração do antigo bezerro de ouro encontrou uma nova e cruel versão no fetichismo do dinheiro e na ditadura de uma economia sem rosto e sem um objectivo verdadeiramente humano."
É por isso que a frase de Portas pode também ser formulada de outras maneiras: o que cria mais emprego? A prostituição ou Portas? A prostituição. O que cria mais emprego? O crime ou Portas? O crime. O que cria mais emprego? A corrupção ou Portas? A corrupção. O que cria mais emprego? A “economia paralela” ou Portas e a maioria? A economia paralela. O que cria mais empregos? A guerra ou Portas? A guerra. E por aí adiante. Há dez mil coisas más que criam mais emprego do que Portas e a maioria, e isso não as justifica.[...]»

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sexta-feira, 21 de novembro de 2014

La Revue de l'Ires -Numéro 2014/1 - n° 80 - Emploi des seniors : incitations à négocier et pratiques d’entreprises

 couverture de [REVUE_ID_NUMPUBLIE]

Page 3 à 26 : Carole Moniolle - Évolution des modes de rémunérations dans la fonction publique d'État : vers une nouvelle cohérence ? | Page 27 à 48 : Fabienne Caser, Annie Jolivet - L'incitation à négocier en faveur de l'emploi des seniors. Un instrument efficace ? | Page 49 à 78 : Michèle Forté, Tiphaine Garat, Fabienne Tournadre - Politiques de gestion des seniors : quelles évolutions dans dix entreprises alsaciennes pionnières ? | Page 79 à 104 : Fabienne Caser, Annie Jolivet, Michel Parlier - Les accords et plans seniors à l'épreuve de la mise en œuvre | Page 105 à 125 : Annie Jolivet, Jeanne Thébault - Le contrat de génération : une occasion manquée pour la transmission professionnelle ?

Cairn.info.

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L'euro de nouveau en risque ?

Face à la grande dépression dans laquelle l’Europe semble durablement installée, et au risque d’un triple dip, les politiques ne semblent pas en mesure de créer les mécanismes adéquats pour en sortir. 

«Les deux propositions qui ressortent du consensus actuel sur l’Europe, l’anémie de l’économie européenne, d’une part, et la crise de l'euro est dernière nous, d’autre part, apparaissent comme étant de plus en plus contradictoires. Certes, l’économie européenne ne va pas bien. Selon les dernières estimations du FMI, la croissance économique dans la zone euro sera inférieure à 1% en 2014. Le “réflexe du prévisionniste” est de prévoir une bonne année quand l’annonce courante est mauvaise et le FMI ne déroge pas à ce travers avec une prévision d’amélioration en 2015 de la croissance économique de la zone euro à 1.3%. Mais il y a une forte probabilité que la croissance ne soit pas plus forte en 2015 qu’en 2014 en Europe tant que les taux d’intérêt de long terme, même très bas (1.8%), sont supérieurs à la croissance potentielle (1.3%), en moyenne.
Si elle se prolongeait trop longtemps, cette langueur de l’économie européenne mettrait en péril l’existence même de l'euro. Il y a deux ans, la zone euro n’était pas préparée pour une crise financière, mais a réussi à la surmonter en créant des mécanismes appropriés, essentiellement sur le plan monétaire. Aujourd’hui face à la grande dépression dans laquelle l’Europe semble durablement installée, et au risque d’un triple dip, les responsables politiques ne semblent pas en mesure de créer les mécanismes adéquats pour en sortir. 

“ il y a une forte probabilité que la croissance ne soit pas plus forte en 2015 qu’en 2014 en Europe tant que les taux d’intérêt de long terme, même très bas (1.8%), sont supérieurs à la croissance potentielle (1.3%), en moyenne”
Mais ce ne sont plus les investisseurs institutionnels qui sont susceptibles de mettre l'euro en péril, mais les opinions publiques et les électeurs, qui voteraient de plus en plus pour une nouvelle génération de dirigeants politiques plus souverainistes, que ce soit en France, en Italie, en Grèce, ou au Portugal. L’importance de cette dissidence est appelée à croître au fur et à mesure que l’austérité fiscale et budgétaire se prolonge.
Celle-ci est nécessaire mais à condition qu’elle s’accompagne de réformes de structure, la politique monétaire montrant ses limites. Et ce ne sont pas les 10 Mds € du programme d’investissement de l’Allemagne qui peuvent changer la donne (0.1% du PIB européen). La question que se posent de plus en plus d’Européens est de savoir à partir de quel moment il serait rationnel pour leurs pays de quitter la zone euro.[...]»

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O lodaçal


«Em sentido figurado, um lodaçal é um ambiente de vida desregrada, um lugar aviltante. Literalmente, o vocábulo expressa um lugar onde há muito lodo, um atoleiro. O escândalo BES, com responsáveis evidentes e nenhum preso, o roubo legal de milhares de milhões de dólares operado pelo Luxemburgo às economias dos países europeus e a recente hecatombe que se abateu sobre o Governo e as cúpulas da administração pública portuguesa mostram que é lá, num lodaçal, que vivemos. 

Estes três escândalos, de tantos que tornam desesperada a vida cívica, têm uma génese: a desagregação do Estado, com a consequente anulação do seu poder fiscalizador e regulador sobre o mundo financeiro. Contrariamente ao discurso das maiorias, nacional e europeia, o nosso problema não é o excesso de Estado mas o seu constante e progressivo aniquilamento. O nosso problema consiste em encontrar meios políticos para devolver ao Estado instrumentos de fiscalização e regulação que protejam o interesse geral. 

O meritório trabalho do International Consortium of Investigative Journalists expôs uma dimensão magna de um roubo legal, que permitiu a cerca de 340 empresas internacionais, assistidas fiscalmente por uma só, de consultoria financeira, a Pricewaterhousecoopers, pagarem apenas cerca de 1% de imposto sobre os lucros. Moralmente nojento, quando pensamos na monstruosa carga fiscal que, em nome da crise, asfixia os cidadãos. Repugnante, quando esta degradante evasão fiscal, grosseiramente violadora da lealdade devida entre estados-membros da União Europeia, foi conduzida sob a responsabilidade de Jean-Claude Junker, que acaba de assumir a presidência da Comissão Europeia. 

Vivemos num lodaçal de ataques aos direitos básicos dos cidadãos, perpetrados por figurões que se dizem, sempre, de bem com a sua consciência de sociopatas, de quebra constante da confiança no Estado, de desespero crescente quanto ao futuro. Porque as leis, iníquas e de complexidade impenetrável, protegem os fortes do mesmo passo que diminuem os apoios sociais e o direito dos mais débeis. 

Responsabilidade moral e política são coisas que os dirigentes não conhecem. Mas a falta de decoro é-lhes pródiga. Um episódio pouco divulgado mostra-o com clareza. No dia 11 deste mês, numa audição na comissão parlamentar dos Negócios Estrangeiros e Comunidades, a propósito da eleição de Portugal para o Conselho dos Direitos Humanos das Nações Unidas e respondendo a considerações que vários deputados fizeram sobre o impacto da crise na vida dos portugueses, o ministro Rui Machete afirmou que os direitos fundamentais sociais dependem da economia e podem ser restringidos em função dela. Ou seja, em matéria de direitos fundamentais contam nada as aquisições civilizacionais, as convenções internacionais que subscrevemos e a Constituição da República Portuguesa, porque mandam o PIB e os credores internacionais. Rui Machete disse que na ONU "Portugal pautará a sua actuação pelo objectivo da defesa da dignidade da pessoa humana e do carácter individual, universal, indivisível, inalienável e interdependente de todos os direitos humanos, sejam direitos civis, culturais, económicos, políticos ou sociais". Rui Machete afirmou ir defender na ONU os mesmos direitos sociais que, garantiu, podem ser suspensos cá dentro, penalizando as pessoas em pobreza extrema, os idosos e as crianças. Forte lógica, sólida moral. 

Importa relembrar, a propósito desta (mais uma) infeliz intervenção pública de Rui Machete, que “os órgãos de soberania não podem, conjunta ou separadamente, suspender o exercício dos direitos, liberdades e garantias, salvo em caso de estado de sítio ou de estado de emergência, declarados na forma prevista na Constituição” (Artigo 19º, nº 1, da CRP). 

E voltamos ao lodaçal, que explica a abulia generalizada. Novo exemplo: sorrateiramente, avança a municipalização da Educação, metáfora para consagrar nova tragédia, qual seja entregar ao arbítrio das câmaras aderentes um domínio estratégico, que jamais deveria sair da tutela central. Basta reler a história da I República (a descentralização/municipalização da educação foi definida pela primeira vez em decreto de 29 de Março de 1911) para perceber que não é de descentralização municipalista, mas de autonomia, que as escolas e os professores necessitam e que a substituição do monolitismo vigente por vários caciquismos não resolverá um só problema e acrescentará muitos mais e graves.[...]»

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quinta-feira, 20 de novembro de 2014

Guillaume Lachenal, Le médicament qui devait sauver l’Afrique. Un scandale pharmaceutique aux colonies

"1« Je me demande si les historiens peuvent faire pareil, extraire le passé, le débarrasser de ce qu’il a de toxique et le remettre en place » (p. 238). Sur ces mots se termine l’ouvrage de Guillaume Lachenal consacré à « un scandale pharmaceutique aux colonies », oublié par l’histoire officielle. Cette réflexion en forme de méditation ethnographique est d’une acidité décapante, mais aussi d’une lucidité dérangeante. En effet, la biographie de ce « médicament qui devait sauver l’Afrique », la Lomidine, parce que portant la promesse d’éradiquer la maladie du sommeil qui menaçait la santé des populations et le projet colonial, puis devenu encombrant pour l’histoire officielle, par sa toxicité liée à une utilisation déraisonnée (les campagnes de traitement on régulièrement fait des dizaines de morts en Afrique Centrale dans les années 1950), permet de réinterroger les liens constitutifs entre médecine et colonialisme.Cette enquête passionnante y répond en explorant les limites des rationalités et des croyances ayant entouré non seulement la conception et l’usage de ce médicament, mais aussi les limites de la production du savoir, de la mémoire et de l’oubli par l’administration coloniale et les médecins coloniaux.
 
2Cet ouvrage de 238 pages remet en perspective les relations ambiguës entre médecine et colonialisme en montrant comment ce médicament miracle, expérimenté pendant la Seconde Guerre mondiale et injecté dans la fesse en intramusculaire a été le vecteur du pouvoir colonial. Il montre aussi comment la médecine a pu constituer le cadre de sa légitimation, mais aussi de sa contestation à la veille des Indépendances. En effet, la « lomidinisation » est devenue un nom commun en même temps qu’un véritable projet révélateur de l’hygiénisme colonial démesuré, avec des campagnes aux cadences infernales (plus de 80 personnes injectées par heure !). C’est ainsi que s’exécutaient des millions d’injections dites préventives dans les années 1950 dans les empires coloniaux français, belges, et portugais majoritairement. En retour, cette histoire permet aussi de comprendre comment l’expérience sociale coloniale a influencé la révolution biomédicale de la seconde moitié du XXe siècle. 

3À travers les usages de ce médicament l’ouvrage propose avant tout ce que l’auteur appelle une « anthropologie de la bêtise coloniale », c’est-à-dire de cette « part de déraison que contenaient les principes de rationalité, d’autorité de scientificité » (p. 9) des politiques coloniales de modernisation. À la différence d’autres approches qui tentent de montrer comment le gouvernement colonial rationalise et ordonne la société coloniale, Guillaume Lachenal montre plus subtilement comment la part de raté d’une histoire qui ne cadre pas avec les grands récits de la médecine coloniale en Afrique - qu’ils soient hagiographiques ou critiques inspirés des théories foucaldiennes- révèle un nouveau terrain d’investigation autour « de l’impuissance, de l’hubris et de l’irrationalité du gouvernement colonial » (p. 19). L’une des thèses principale et originale de l’ouvrage est alors de montrer précisément et minutieusement comment la volonté coloniale de savoir et d’intervenir était prise dans une culture de l’ignorance et de l’impuissance. Ce qui guide alors l’enquête ethnographique est moins de suivre la quête d’ordre et de connaissance que d’identifier les manières de ne pas savoir qui amènent à vouloir utiliser un médicament à tout prix alors que les incidents sur le terrain se multipliaient. C’est cette rationalité, cette confiance dans un contexte d’incertitudes profondes qui relève précisément pour l’auteur de la bêtise. Cette bêtise n’est pas pour lui hors de la raison, mais bien un exercice excessif de cette dernière sur un mode confiant, suffisant et arrogant. 

4Si le défi théorique est ambitieux, la manière pratique de rendre compte de cette « bêtise » l’est tout autant. Comment en effet rendre compte de cette bêtise sans prendre un point de vue extérieur ? La description et l’enquête ethnographique deviennent alors un mode d’écriture particulièrement adapté pour ne pas prendre une position de surplomb et prendre au sérieux le problème théorique que pose l’écriture de la bêtise. Une approche combinant écriture au présent, vignettes de l’époque, photos et attention aux détails constituent le collage tout à fait cohérent de cette enquête ethnographique qui lie des sites aussi divers que les villages africains dans lesquels étaient expérimentés le traitement que les archives de la « Rhodia » à Besançon en passant par les réseaux professionnels et amicaux entre les médecins coloniaux circulant entre les Service d’Hygiène Mobile et de Prophylaxie, le ministère de la France d’Outre Mer et Spécia, la filiale de Rhône Poulenc qui fabriquait la Lomidine. Enfin, le lecteur ne boudera pas son plaisir avec cette écriture sans détour qu’adopte Guillaume Lachenal et qui convient parfaitement à l’exploration de cette « poétique de l’époque » où les chiffres démesurés alimentent et justifient un projet d’éradication basé autant sur la coercition et la racialisation (les Blancs bénéficient souvent d’un traitement de faveur) que sur la foi en une prévention individuelle qui justifie des usages dangereux et extrêmes pour prendre soin de la population.

5L’accident de Gribi en 1954 ayant causé la mort de plus de 30 personnes et plus de 300 gangrènes, scène d’ouverture du livre, et la description des réactions de l’administration coloniale, auxquelles trois chapitres sont consacrés, est un modèle du genre et permet de comprendre toute la profondeur d’une enquête utilisant la méthode ethnographique aux entretiens avec des agents de santé de l’époque (rencontrés par l’auteur au Cameroun au début des années 2000), mais aussi aux archives. En effet, l’auteur analyse ce que disent les archives, les informations qu’elles révèlent : l’accident, l’incertitude de l’administration, la peur des intervenants de se faire lyncher, mais aussi ce qu’elles font, leur caractère performatif, notamment la récupération politique pour montrer que les responsables étaient proactifs ou les compensations financières comme démonstration d’affection d’un colonialisme finissant. Cette méthode ethnographique que l’auteur empreinte à Ann Stoler permet alors de ne pas seulement voir l’archive comme informant le chercheur, mais véritablement comme des sujets « dont les logiques de production, de classement, de destruction et de conservation participent à la définition et à la résolution de l’affaire » (p. 167). Et Guillaume Lachenal montre très bien comment dans cette affaire en particulier, l’archive est un mode de résolution et d’étouffement du scandale. La répétition des ratés de ce type causant des dizaines victimes à Batouri, à Nkoltang et à Fort Lamy problématise alors la machine impériale comme une machine à archiver, mais aussi comme une machine à oublier.
  • 1 Et dont l’auteur fait une généalogie dans Lachenal, G. (2013) A genealogy of treatment as preventio (...)
6Enfin, l’auteur n’esquive pas l’énigme technique et matérielle de ce médicament et de ses effets inattendus, trop gênants pour les histoires officielles, mais aussi trop techniques pour les études critiques. Car la Lomidine a quand même marché : dans les années 1950 la prévalence de la maladie a fortement baissé. Mais pas pour les raisons qui étaient alors avancées, notamment la prévention individuelle. Les campagnes massives de lomidinisation visaient à utiliser l’administration individuelle comme prévention collective ; une rationalité qu’on retrouve dans les nouvelles stratégies de lutte contre le sida1. À partir d’études scientifiques réalisées dans les années 1970 à Kinshasa, Lachenal restitue la clé de l’énigme que le lecteur intéressé aura plaisir à aller découvrir.

7Finalement, les contributions de l’ouvrage sont majeures, au moins à trois niveaux. Tout d’abord au niveau de l’histoire sociale des sciences et de la biomédecine en Afrique, cette recherche ouvre de nouvelles pistes de recherche pour l’analyse de mécanismes de pouvoir qui ne sont pas implacables, mais aussi fait d’échecs, de scandales, parfois d’absurdité permettant de problématiser la rencontre biomédicale comme un moment contenant à la fois domination et possibilité critique. Le deuxième apport important de cette recherche est de construire sur cette possibilité critique un nouveau rapport au présent. En ce sens ce travail permet de penser sous un nouvel angle un travail d’anthropologie critique de la santé mondiale en repensant des crises comme celle vécue avec Ebola en Afrique de l’Ouest ou les nouvelles stratégies de lutte contre le sida, notamment en restant très vigilant vis-à-vis de solutions purement techniques aux problèmes de la santé en Afrique.[...]" 

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Leituras

Os vistos gold são uma imoralidade (...) digna de país de Terceiro Mundo, onde certos princípios elementares são torpedeados porque é preciso ganhar a vida. Que essa iniciativa tenha nascido numa área partidária que se assume como democrata-cristã, eis a triste ironia de tudo isto. (...) A razão é óbvia: os vistos gold são uma escandalosa violação de um princípio de igualdade que deveria ser sagrado. (...) Nenhum de nós admitiria que direitos fundamentais como a residência ou circulação estivessem dependentes do tamanho da nossa conta bancária. (...) Mas é isso que a Lei 29/2012 permite a cidadãos estrangeiros: comprar o direito a viver em Portugal e a passear pela Europa por 500 mil euros. (...) Pior: três curtos meses depois de a lei ter entrado em vigor (...), os requisitos originais estavam a ser facilitados por despacho: a necessidade de criar postos de trabalho passou de 30 para 10. (...) Chamar aos vistos gold "Autorização de Residência para Actividade de Investimento em Portugal" é apenas um nome pomposo para um processo que pisca os dois olhos à lavagem de dinheiro e onde nunca houve verdadeira "actividade de investimento". (...) Esta é uma lei que se sabia, à partida, ter uma gigantesca probabilidade de atrair dinheiro sujo.»

João Miguel Tavares, O baixo preço da nossa dignidade

«A comercialização de facilidades na emissão de vistos em troca da compra de casas de luxo transforma um acto de soberania num mero negócio. Num país que trata mal os imigrantes e que quase não aceita exilados políticos isto torna-se ainda mais aviltante. Presumindo a inocência dos envolvidos e a seriedade da investigação, sei apenas que a um Estado que institucionaliza a compra de vistos sobra pouca autoridade moral e simbólica para combater os que achem que o cumprimento das suas funções pode ser aligeirado em troca da soma certa de dinheiro.»

Daniel Oliveira, Vistos gold e o espírito de um Estado corrupto

«Na prática, ninguém ainda sabe o que realmente lucrou a economia e o Estado portugueses com o negócio dos vistos dourados. A brochura diz-nos 1.075.749.834,75 de euros, mas as dúvidas agora suscitadas (...) aconselham-nos a ter cautela. (...) Exemplo: escritura-se um imóvel por 500 mil euros (quantia mínima para se obter um visto), mas paga-se apenas 300 mil euros ao vendedor, que na verdade somente recebe 200 mil, dado que os restantes 100 mil euros foram para comissões. No fim da linha, resulta de "ganho oficial" para o Estado os tais 500 mil euros. Embora a vantagem real tenha sido menor. (...) O Estado foi conscientemente enganado pelo próprio Estado. (...) Caindo, no limite, por terra, além da seriedade do projeto, a sua derradeira missão: oxigenar a economia com capital.»

Pedro Ivo Carvalho, Mil milhões de coisa nenhuma?

«Os dados são revelados pela própria Confederação Portuguesa da Construção e do Imobiliário, parte interessada na manutenção dos vistos: 1076 milhões de euros entraram no país em investimento estrangeiro captado pelos vistos "gold", dos quais 972 milhões correspondem a aquisição de imobiliário nacional. Ou seja, os outros 100 milhões foram directamente para transferências bancárias. Pobre país que vende a sua cidadania desempoeirando e escoando as suas casas de 500 mil euros, permitindo negócios obscuros, fuga de capitais e lavagem de dinheiro sem criar um único posto de trabalho. Seguramente, nem habitando as casas ou comprando mobília. Só imobiliário, nada de mobiliário. Pessoas, zero. Só fantasmas e milionários sem rosto absolutamente desinteressados em financiar, investir ou capitalizar empresas.»

Miguel Guedes, Ouro made in China

«A corrupção em Portugal não acontece porque há alguns vígaros que prevaricam; existe e prospera porque há gente que se apropriou indevidamente da democracia e do Estado. (...) Como escrevia o historiador social-democrata Tony Judt: "A desigualdade é corrosiva. Apodrece as sociedades a partir de dentro." (...) Num país cada vez mais injusto do ponto de vista económico, político, social, o que se pede não é que se diga "não sei", mas que as pessoas sejam capazes de mostrar que não querem mais esta situação. Aquilo que sustenta os corruptos é o nosso silêncio e a nossa incapacidade de imaginar uma solução radicalmente diferente da rotatividade contentinha que temos vivido nos últimos 40 anos entre os mesmos grupos de interesses.»

Nuno Ramos de Almeida, Isto é mais um problema de política que de polícia

(Na foto, uma das frágeis embarcações que rumam quotidianamente a Lampedusa, repleta de pessoas em desespero, que fogem da guerra e da miséria para esbarrar, quando as alcançam, nas muralhas da Europa fortaleza. Que não haja confusões: uma coisa são vistos gold e outra são vistos death. Alinhada com a mais desenfreada volúpia neoliberal, a democracia cristã do CDS/PP resume-se hoje a isto. Por mais que se proclame, com infindável cinismo, «ética social na austeridade»)."